Comment quels travaux faire avant l’hiver à la maison

Sophie

Comment quels travaux faire avant l’hiver à la maison

L’automne s’installe, les matinées fraîchissent, et là, on se souvient qu’il y avait des trucs à régler. La gouttière qui pendouille depuis juillet. La chaudière qu’on n’a pas fait vérifier depuis deux ans. Les petites fissures sur la façade qu’on a soigneusement ignorées tout l’été.

Bref, avant l’hiver, la liste peut vite devenir longue. Le but ici, c’est de vous aider à prioriser, à ne rien oublier d’important, et surtout à ne pas vous retrouver le 15 décembre à chercher en urgence un chauffagiste qui ne sera pas disponible avant Noël.

La toiture : commencez par là

C’est systématiquement le premier truc à vérifier. Et c’est logique : une tuile cassée, un solin décollé, une mousse qui a bien colonisé le versant nord, et vous partez pour des infiltrations, des dégâts aux charpentes, parfois des fissures dans les plafonds.

Le bon moment pour monter voir (ou faire monter quelqu’un), c’est septembre-octobre. Les températures restent acceptables, le temps est encore sec, et les artisans couvreurs ne sont pas encore débordés par les urgences hivernales.

Concrètement, il faut vérifier l’état des tuiles ou des ardoises, les éléments d’étanchéité aux jonctions (cheminée, fenêtres de toit, solins), et la mousse. Cette dernière est traîtresse : elle retient l’humidité, accélère la dégradation des matériaux et réduit l’évacuation de l’eau de pluie. Un démoussage en automne, c’est un investissement rentable.

Et si votre maison a plus de 30 ans et que la toiture n’a jamais été refaite, ça vaut vraiment le coup de demander un diagnostic à un professionnel. Sur une maison ancienne notamment, on peut grouper les travaux de couverture avec l’isolation de la toiture, et du coup bénéficier des aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, TVA à 5,5%), à condition de passer par un artisan certifié RGE.

L’isolation : le chantier le plus rentable à long terme

On ne va pas se mentir, c’est souvent le poste qui fait le plus peur en termes de budget. Mais c’est aussi celui qui a l’impact le plus direct sur vos factures et votre confort.

Pour bien isoler sa maison, la priorité va aux combles : ils représentent à eux seuls environ 30 % des déperditions thermiques d’un logement. Si vos combles ne sont pas isolés (ou mal isolés), vous chauffez littéralement l’extérieur. Les murs arrivent ensuite, avec environ 20 % des pertes. Puis le sol, si la maison est sur vide sanitaire ou sous-sol.

La fin de l’été et l’automne sont la fenêtre idéale pour ces travaux. Dans les combles, il fait encore suffisamment frais pour travailler correctement (en plein été, c’est souvent une fournaise là-haut). Pour les murs, il faut des conditions sèches pour poser les matériaux, et l’automne remplit généralement ce critère.

Petit bémol sur un point que les sources ne mentionnent pas toujours clairement : l’isolation des murs par l’extérieur, la plus efficace pour supprimer les ponts thermiques, est à prévoir plutôt au printemps ou en été. En automne, on peut se concentrer sur l’intérieur.

Poste d’isolationCoût indicatifPart des déperditions
Combles perdus (soufflage)20 à 70 €/m²~30 %
Combles aménageables50 à 150 €/m²~30 %
Murs par l’intérieur40 à 90 €/m²~20 %
Sols (plancher bas)30 à 90 €/m²~10 %

Ces fourchettes sont assez larges parce que ça dépend vraiment du matériau choisi, de la surface et de la main d’œuvre dans votre région. Demandez plusieurs devis. Franchement, les écarts peuvent être significatifs d’un artisan à l’autre.

Comment quels travaux faire avant l’hiver à la maison

La chaudière et les équipements de chauffage

Ne jamais attendre la première vague de froid pour s’en occuper. Jamais.

En octobre, les plombiers-chauffagistes sont encore relativement disponibles. En décembre, vous aurez du mal à en avoir un avant une semaine, et s’il tombe en panne en plein mois de janvier, les délais peuvent être beaucoup plus longs.

L’entretien annuel de la chaudière est obligatoire pour les chaudières gaz et fioul (amende de 75 € en cas de contrôle). Mais au-delà de l’obligation légale, ça a un vrai impact sur la consommation : une chaudière bien réglée consomme moins, et sa durée de vie est prolongée.

Si votre chaudière a plus de 10 ans, la question d’un remplacement se pose sérieusement. Les modèles récents (chaudière gaz à condensation, pompe à chaleur) sont nettement plus performants. Et les chaudières fioul, c’est terminé pour les nouvelles installations, et fortement déconseillé de conserver l’existant trop longtemps.

Pour les poêles à bois et inserts, le ramonage est obligatoire une à deux fois par an selon les régions. C’est à faire avant la saison de chauffe, pas pendant. Un conduit encrassé, c’est un risque d’intoxication au monoxyde de carbone, en plus d’une perte de rendement.

Les gouttières et l’évacuation des eaux

Deux heures de nettoyage en automne. Voilà ce que ça demande, en général.

Mais si on zappe cette étape, une gouttière obstruée par les feuilles peut provoquer des débordements, des infiltrations dans les murs, voire des dégâts aux fondations. Dans les régions où il gèle régulièrement, l’eau stagnante dans les gouttières se transforme en glace, et le poids peut déformer ou arracher les éléments.

Nettoyez-les à l’automne, après la chute des feuilles. Vérifiez aussi les descentes pluviales, les joints, les crochets de fixation. C’est ingrat comme travail, mais redoutablement efficace pour éviter des problèmes coûteux.

Les fissures extérieures : à traiter avant le gel

C’est un point qu’on sous-estime souvent. Une fissure fine sur la façade, ça paraît anodin. Mais quand l’eau s’y infiltre puis gèle, elle se dilate, la fissure s’agrandit, et au printemps on découvre parfois des dégâts bien plus importants.

La fin de l’été et le début de l’automne offrent une période de stabilité climatique idéale pour ces réparations : pas de gel, pas de grandes pluies, les produits de colmatage adhèrent et sèchent correctement.

Sur une maison en pierre (souvent le cas sur les maisons anciennes), il vaut mieux faire inspecter l’état des joints par un professionnel. Le rejointoiement des pierres, c’est un travail spécifique qui demande les bons matériaux, sous peine d’emprisonner l’humidité dans les murs.

Les fenêtres : double vitrage et étanchéité

Si vous êtes encore en simple vitrage, l’hiver risque d’être inconfortable et coûteux. Le simple vitrage, c’est une passoire thermique : jusqu’à 15 % des déperditions d’énergie d’un logement passent par les fenêtres.

Le double vitrage réduit considérablement ces pertes, améliore l’isolation phonique, et rend la maison plus sûre (verre plus résistant à l’effraction). L’été et l’automne sont les meilleures saisons pour faire installer des nouvelles fenêtres : pas de risque de courant d’air froid pendant les travaux, et vous profitez du bénéfice dès les premiers froids.

Mais si le remplacement complet n’est pas envisageable cette année, pensez aux joints. Des joints de fenêtres usés créent des infiltrations d’air froid significatives. C’est un remplacement simple, peu coûteux (quelques euros en GSB), qu’on peut faire soi-même en une après-midi.

L’extérieur : pensez aussi à l’hivernage

Quelques points qu’on oublie régulièrement :

La piscine (si vous en avez une) doit être mise en hivernage avant les premières gelées. Traitements, bâche, protection des équipements filtration… chaque modèle a ses spécificités, mais l’idée générale c’est de le faire en octobre.

Les robinets et arrivées d’eau extérieurs doivent être coupés et purgés. Un tuyau gelé qui éclate, ça peut causer des dégâts importants et une belle facture de plombier.

Les plantes sensibles : certaines espèces ne passent pas l’hiver dehors dans toutes les régions. Géraniums, agrumes, bougainvilliers… à rentrer avant les gelées.

Comment s’organiser concrètement

Voici ce que je fais (ou essaie de faire, soyons honnêtes) : dès la fin août, je fais le tour extérieur de la maison et je liste tout. Toiture, façade, gouttières, fissures, état des fenêtres, équipements de chauffage. Pièce par pièce pour l’intérieur ensuite.

Pour rénover sa maison sans se perdre, il faut vraiment établir une liste précise et un budget en amont, parce que les surprises s’accumulent vite. On pense au ramonage, et on se retrouve à devoir aussi changer un joint de cheminée et reprendre un bout de crépi. Ça arrive à tout le monde.

Et demandez les devis en septembre, pas en novembre. Les artisans sont encore disponibles, les délais sont raisonnables, et vous pouvez comparer sans être sous pression.

TravailPériode idéaleÀ faire soi-même ?Urgence avant hiver
Entretien chaudièreSept-OctNonHaute
RamonageAvant la chauffeNonHaute
Nettoyage gouttièresOct-NovOuiHaute
Vérification toitureSept-OctSurveillance oui, réparation nonHaute
Joints de fenêtresAutomneOuiMoyenne
Fissures façadeFin été-automnePetites oui, grosses nonMoyenne
Isolation comblesAutomneNonMoyenne
Remplacement fenêtresÉté-automneNonSelon état
Hivernage piscineAvant geléesOuiVariable selon région

Mais la règle numéro un reste la même pour tout. Anticiper. Les problèmes qui coûtent vraiment cher sont ceux qu’on a laissés traîner.

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