Il y a trois ans, j’ai repoussé cette corvée pendant des mois. Les joints de ma douche avaient viré du blanc cassé au gris douteux, puis au noir franchement inquiétant dans les angles. Le genre de détail qu’on finit par ne plus voir… jusqu’au jour où une amie les remarque avant vous. Pas glorieux.
Bonne nouvelle : refaire les joints de carrelage de douche, c’est un chantier que vous pouvez gérer seul(e) en une demi-journée, sans compétences particulières. Le résultat, par contre, dépend énormément de la préparation. Et c’est là que la plupart des gens se plantent.
Table des matières
- Est-ce que vos joints méritent vraiment d’être refaits ?
- Le matériel dont vous avez besoin (et combien ça coûte)
- Étape 1 : retirer l’ancien joint (la partie la plus longue)
- Étape 2 : nettoyer et préparer la surface
- Étape 3 : poser le ruban de masquage
- Étape 4 : poser le nouveau joint
- Étape 5 : lisser le joint
- Combien de temps laisser sécher ?
- Les erreurs qui ruinent tout le travail
- Et l’entretien, pour que ça dure ?
Est-ce que vos joints méritent vraiment d’être refaits ?
Pas toujours. Si les joints ont juste légèrement jauni, un bon nettoyage au vinaigre blanc (en frottant vraiment) peut suffire pour quelques mois de plus. Tentez d’abord de blanchir un joint avant de tout arracher.
Mais s’il y a du noir, du moisissures bien incrustées, du décollement, ou si ça fait plus de 4 ans que vous n’y avez pas touché : c’est refaire qu’il faut. Pas nettoyer.
Trois signaux qui ne trompent pas.
- Des taches noires qui reviennent dans les 48h après nettoyage
- Un joint qui se soulève ou se décolle sous le doigt
- Une légère odeur de moisi persistante même après avoir tout frotté
Les moisissures dans une salle de bain, c’est pas anodin. Spores respirées quotidiennement, irritation des voies aériennes, parfois pire. Pas de quoi paniquer, mais de quoi agir rapidement.
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Le matériel dont vous avez besoin (et combien ça coûte)
Autour de 40 à 50€ pour tout acheter. Voilà le budget réaliste si vous partez de zéro.
| Matériel | Prix indicatif | Indispensable ? |
|---|---|---|
| Enlève-joint ou cutter | 5 à 10€ | Oui |
| Gel dissolvant silicone | 8 à 10€ | Fortement conseillé |
| Mastic silicone sanitaire (cartouche 300ml) | 8 à 15€ | Oui |
| Pistolet à cartouche | 10 à 15€ | Oui |
| Ruban de masquage | 4 à 6€ | Oui pour un rendu net |
| Gants de ménage | 2 à 3€ | Oui |
Sur le silicone : prenez uniquement un mastic silicone sanitaire, c’est-à-dire spécial pièces humides. La mention « fongicide » sur l’emballage est un vrai plus, ça ralentit la réapparition des moisissures. Une cartouche de 300ml couvre environ 15 mètres linéaires de joint, donc calculez avant d’acheter.
Et le pistolet, ne faites pas l’économie. Sans ça, vous ne pouvez tout simplement pas utiliser une cartouche classique.

Étape 1 : retirer l’ancien joint (la partie la plus longue)
C’est là que se joue 80% du résultat final. Un nouveau joint posé sur des résidus d’ancien joint, ça tient quelques semaines. Puis ça se décolle, l’eau s’infiltre, et vous recommencez tout.
Commencez avec votre enlève-joint ou votre cutter. Passez la lame le long du joint en coupant des deux côtés, en essayant de ne pas rayer le carrelage. Tirez doucement sur les morceaux les plus longs à la main. Ça peut prendre entre 30 minutes et 2 heures selon la longueur totale et l’état du joint.
Une fois le gros parti, il reste toujours des petits résidus dans les angles et dans les rainures. C’est là qu’intervient le gel dissolvant : appliquez-le sur toute la zone, laissez poser 20 à 30 minutes, puis grattez le reste avec une petite brosse ou un grattoir fin. Le gain de temps est réel.
Si le silicone est vraiment dur et vieux, un passage au sèche-cheveux sur la zone peut aider à ramollir légèrement le matériau avant de gratter. Pas indispensable, mais parfois utile dans les angles.
Étape 2 : nettoyer et préparer la surface
Pas de raccourci ici non plus. La surface doit être propre, dégraissée et surtout sèche.
Passez un chiffon imbibé de white spirit (avec des gants) sur toute la zone traitée. Ça élimine les dernières traces de mastic et dégraisse. Rincez à l’eau claire, essuyez avec un chiffon sec, et attendez. Si vous avez la possibilité, ouvrez la fenêtre ou allumez la VMC pour accélérer le séchage.
Le support doit être absolument sec au moment de l’application du nouveau joint. C’est non négociable. Un carrelage humide va empêcher l’adhérence du silicone, et vous aurez des décollements prématurés dans les mois qui suivent.
Étape 3 : poser le ruban de masquage
Ce conseil, on a tendance à le sauter. À tort.
Posez deux bandes de ruban adhésif de masquage de part et d’autre du futur joint, en laissant l’espace exact de la largeur souhaitée. Ça prend 10 minutes de plus, et ça change vraiment le résultat : joints bien droits, pas de débordements sur le carrelage, finition propre même si votre geste n’est pas parfait.
Étape 4 : poser le nouveau joint
Coupez l’embout de la cartouche en biais, légèrement, et vissez la canule. Le diamètre de la découpe doit correspondre à la largeur de joint voulue : ne coupez pas trop large, c’est l’erreur classique qui provoque des surépaisseurs impossibles à lisser proprement.
Insérez la cartouche dans le pistolet, réglez la tige, et commencez. Tenez le pistolet à 45 degrés par rapport à la surface, avancez à vitesse constante tout en appuyant régulièrement sur la gâchette. L’objectif : un cordon de mastic régulier, ni trop épais ni trop fin, sans interruption sur toute la longueur.
Mais ne vous arrêtez pas là.
Étape 5 : lisser le joint
Humidifiez votre index avec un mélange d’eau et de liquide vaisselle (l’eau savonneuse empêche le silicone de coller à votre doigt). Passez-le en une pression légère et continue sur toute la longueur du joint. L’idée est de former un joint légèrement concave et lisse, sans creux ni boursouflures.
Surtout, faites attention à ne pas creuser. Un creux dans le joint retient l’eau, et c’est un terrain idéal pour les moisissures. La lisseuse spéciale joint, qu’on trouve en GSB pour quelques euros, donne un rendu encore plus régulier si vous voulez un résultat vraiment pro.
Retirez le ruban de masquage immédiatement après le lissage, pendant que le silicone est encore frais. Et nettoyez les éventuels débordements avec un chiffon humide tout de suite : une fois sec, c’est autrement plus compliqué.
Combien de temps laisser sécher ?
Au minimum 24 heures avant de mouiller à nouveau. Certains silicones à prise rapide annoncent 1 heure, mais dans des conditions précises de température et d’humidité (autour de 23°C, 50% d’humidité). Dans une salle de bain réelle, comptez 24h pour être tranquille.
Lisez le temps de séchage indiqué sur votre cartouche : il varie selon les produits. Le silicone durcit d’abord en surface, mais reste mou à cœur pendant plusieurs heures. Prendre une douche trop tôt peut déformer le joint avant qu’il soit vraiment pris.
Les erreurs qui ruinent tout le travail
Il y en a quatre qui reviennent systématiquement.
La première : poser le nouveau joint par-dessus l’ancien. La tentation est forte, ça fait gagner du temps en apparence. En réalité, le silicone n’adhère pas sur l’ancien silicone poreux et dégradé. Quelques semaines et c’est la catastrophe.
La deuxième : mal nettoyer les résidus. Après une heure à tout gratter, on est pressé d’en finir. Mais même un petit morceau d’ancien joint oublié dans un angle va compromettre l’adhérence.
La troisième : ne pas laisser sécher le support avant d’appliquer. Un carrelage humide, ça ne pardonne pas.
La quatrième : vouloir en faire trop en une passe. Un joint trop épais ne sèche pas correctement, reste mou à cœur, et finit par se fissurer. Mieux vaut un cordon fin et régulier.
Et l’entretien, pour que ça dure ?
Les joints silicone sanitaires ne sont pas éternels. Comptez 3 à 4 ans dans des conditions normales d’utilisation. Pour prolonger leur vie, nettoyez-les régulièrement au vinaigre blanc en frottant, et ventilez correctement votre salle de bain après chaque douche.
Un joint qui noircit rapidement après pose est souvent le signe d’une ventilation insuffisante, pas d’un mauvais produit. Humidité + résidus de savon + air stagnant, voilà la combinaison parfaite pour les champignons.
Si vous avez un projet de rénovation plus large et que vous envisagez de refaire toute la salle de bain, la question de poser du carrelage peut se poser avant même de réfléchir aux joints. Dans ce cas, les joints viennent en dernier, toujours.
Voilà. Rien de sorcier, mais beaucoup de patience dans la préparation. C’est vraiment ça, le secret d’un joint qui tient.
