Le compost, c’est un de ces trucs qui paraît compliqué de loin et qui, une fois qu’on s’y met vraiment, devient presque une obsession. J’ai mis du temps avant de me lancer. J’avais peur des odeurs, des rats, de rater quelque chose. Et puis un jour j’ai posé un bac dans un coin du jardin, j’ai balancé mes épluchures dedans, et franchement, ça a changé ma façon de voir mes déchets de cuisine.
Faire son compost, c’est réduire ses poubelles d’environ 30 %. Trente pourcent. C’est colossal quand on y pense, surtout si vous avez un potager. Et si vous débutez au jardin, notre guide potager vous donnera plein d’idées pour utiliser ce que vous allez produire.
Table des matières
- Ce qui se passe vraiment dans votre compost
- Ce qu’on peut (et ne peut pas) mettre dedans
- Quel composteur choisir
- L’emplacement, ça compte plus qu’on croit
- Comment démarrer son compost : les étapes concrètes
- Entretenir et surveiller son compost
- Comment savoir quand le compost est prêt
- Utiliser son compost au jardin
- Et si vous n’avez pas de jardin ?
- Les erreurs classiques (et comment les éviter)
Ce qui se passe vraiment dans votre compost
On imagine souvent un tas de trucs qui pourrissent. C’est un peu ça, mais en beaucoup plus organisé.
La décomposition se fait en deux grandes phases. D’abord une montée en température spectaculaire, parfois jusqu’à 50 °C et au-delà, portée uniquement par des micro-organismes. C’est la phase active, celle où ça bosse vraiment. Puis la température retombe. Les vers de terre, les cloportes, les mille-pattes, les acariens prennent le relais et finissent le travail. Ce qui sort au bout du compte ressemble à de l’humus, avec cette bonne odeur de sous-bois que les jardiniers connaissent bien.
Tout ce processus a besoin de trois choses pour fonctionner : de l’air, de l’humidité, et un mélange équilibré de matières. Si un seul de ces paramètres déraille, le compost ralentit ou sent mauvais.
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Ce qu’on peut (et ne peut pas) mettre dedans
C’est probablement la question qu’on se pose le plus au début.
Les bons déchets
La règle de base : alterner les matières humides et les matières sèches. Les déchets humides apportent l’azote, les matières sèches apportent le carbone. Sans cet équilibre, le tas devient soit une bouillie anaérobie qui pue, soit un truc complètement sec où rien ne se passe.
Côté cuisine : épluchures de légumes, marc de café (avec le filtre en papier, ça passe très bien), sachets de thé, pain, petits morceaux de fromage, fanes, fruits abîmés. L’ADEME précise qu’on peut même y mettre de la viande en petits morceaux, placée au centre du tas, mais je vous conseille de ne pas le faire si vous avez des voisins proches ou des animaux qui traînent autour.
Côté jardin : tontes de gazon, feuilles mortes, fleurs fanées, petites branches broyées. Les coquilles d’œufs, elles ne se décomposent pas vraiment, mais elles apportent des minéraux et aèrent le mélange, donc on les garde.
Côté maison : essuie-tout usagé, papier journal non coloré, carton brun déchiqueté, cendres de bois en petite quantité.
Ce qu’on évite absolument
Les agrumes traités. Les végétaux malades (risque de propager les maladies dans votre jardin ensuite). Les mauvaises herbes montées à graines (le chiendent, le liseron, c’est non). Les magazines et cartons imprimés avec des encres colorées. Tout ce qui est plastique, verre, métal, tissu synthétique. Et les peaux trop coriaces de certains légumes, lauriers, rhododendrons ou magnolias, si elles ne sont pas broyées.
Petit bémol sur les déchets carnés : techniquement compostables selon certaines sources, mais en pratique, si vous habitez en ville, certaines communes l’interdisent. Vérifiez avant.

Quel composteur choisir
Il y en a pour tous les jardins, toutes les terrasses, tous les budgets.
| Type de composteur | Délai de compost | Idéal pour | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Plastique classique | 6 à 8 mois | Jardins moyens | 30 à 100 € |
| Bois | 9 à 12 mois | Grands jardins | 80 à 300 € |
| Rotatif | 6 à 8 semaines | Petits jardins | 90 à 200 € |
| Bokashi (cuisine) | 2 semaines | Appartement | 40 à 140 € |
| En tas (sans bac) | Variable | Grandes surfaces | 0 € |
Le composteur rotatif, franchement, c’est une vraie révolution si vous avez un petit espace. Pas besoin de brasser à la fourche, vous tournez la poignée. Le compost est prêt en 6 à 8 semaines. Contre 9 à 12 mois pour un modèle en bois classique.
Mais quelle que soit votre option, une règle : posez le composteur directement sur la terre. Pas sur du béton, pas sur du carrelage. Les micro-organismes du sol doivent pouvoir entrer, c’est eux qui amorcent toute la chaîne.
L’emplacement, ça compte plus qu’on croit
Mi-ombre. C’est l’idéal. Ni en plein soleil toute la journée (le compost s’assèche en été et les micro-organismes meurent), ni dans un coin complètement à l’ombre et humide (excès d’eau, mauvaises odeurs garanties).
Et proche de la cuisine. Ça l’air bête, mais si vous devez traverser tout le jardin avec votre petit seau à épluchures sous la pluie, vous allez vite lâcher l’affaire. Placez le bac là où vous avez envie d’aller naturellement.
Si vous avez de la place, deux bacs côte à côte c’est vraiment plus confortable. Pendant que l’un se remplit, l’autre continue sa maturation tranquillement.
Comment démarrer son compost : les étapes concrètes
Commencez par une couche de 10 centimètres de paille ou de petites branches au fond. C’est la base de drainage et d’aération.
Ajoutez ensuite vos déchets par couches alternées : une couche humide (épluchures, tontes), une couche sèche (carton déchiqueté, feuilles mortes). La couche sèche doit être environ deux fois plus épaisse que la couche humide. Arrosez légèrement au démarrage, un arrosoir de 10 litres suffit.
Toutes les 4 à 6 semaines, brassez. Une fourche-bêche ou un brasse-compost fait très bien l’affaire. L’air circule, les bactéries aérobies reprennent du service, et la décomposition s’accélère.
Le printemps reste le meilleur moment pour démarrer (chaleur + humidité = micro-organismes heureux), mais on peut commencer n’importe quand. L’été, surveillez l’humidité et arrosez si besoin. L’hiver, le processus ralentit, c’est normal.
Une astuce pour accélérer la décomposition
Tous les 20 centimètres de remplissage, ajoutez un activateur. Le commerce en vend, mais les alternatives naturelles marchent très bien : un peu de fumier, une décoction d’orties, des feuilles de consoude. L’urine diluée aussi, même si c’est moins glamour à dire.
Entretenir et surveiller son compost
Un bon compost, ça s’observe. Au moment où vous ajoutez des déchets, prenez 30 secondes pour regarder l’état du tas. Est-ce qu’il sent bon (sous-bois = parfait) ou mauvais (œuf pourri = trop humide, pas assez d’air) ? Est-ce qu’il y a des zones sèches ? Des grumeaux ?
Trop humide : étalez quelques heures au soleil ou incorporez des matières sèches. Trop sec : arrosez légèrement. Des odeurs : brassez pour réaérer.
Et ça tourne vraiment tout seul une fois lancé.
Comment savoir quand le compost est prêt
Entre 6 et 10 mois en général, parfois moins avec un composteur rotatif ou un bon entretien. Le compost mûr ressemble à du terreau sombre et homogène. Il sent bon. On ne reconnaît plus les épluchures ou les feuilles qu’on avait mis dedans.
Un compost jeune, par contre, a encore des morceaux identifiables, une texture irrégulière. Pas de panique, il peut quand même servir en paillage au pied de vos massifs, il finira sa décomposition tranquillement sur place.
Utiliser son compost au jardin
Voilà la vraie récompense.
Comme engrais, incorporez 1 à 5 litres par mètre carré au printemps, par griffage léger en surface. Comme amendement pour les sols pauvres ou trop lourds, comptez 10 à 20 litres par mètre carré tous les 3 à 5 ans. Si vous l’utilisez directement au contact des racines, mélangez-le avec de la terre à raison d’un tiers de compost pour deux tiers de terre.
Mais la plupart du temps, un simple épandage en surface suffit. Les micro-organismes du sol se chargent de transporter les nutriments en profondeur.
Si vous voulez creuser le sujet et réfléchir à comment intégrer le compost dans l’ensemble de votre espace extérieur, on a un article complet sur aménager son jardin qui devrait vous donner plein d’idées pratiques.
Et si vous n’avez pas de jardin ?
Le bokashi, c’est la solution pour les appartements. Un petit bac fermé, des micro-organismes spécifiques, et votre compost est prêt en 2 semaines. Pas d’odeur, ou presque. Ça marche avec pratiquement tous les déchets de cuisine, y compris les produits animaux. Le « jus » produit se dilue dans l’eau d’arrosage, les plantes adorent.
Mais attention, le bokashi produit une matière pré-fermentée qu’il faut ensuite enterrer ou mélanger à de la terre pour finaliser la décomposition. C’est une étape qu’on oublie souvent de mentionner.
Les erreurs classiques (et comment les éviter)
Mettre uniquement de la tonte de gazon. Ça se compacte, ça ne prend pas d’air, et au bout d’une semaine, ça pue atrocement. La tonte doit toujours être mélangée avec des matières sèches.
Trop tasser le compost. L’air doit circuler. Ne jamais appuyer ou compacter le tas.
Oublier d’arroser en été. Le compost doit avoir l’humidité d’une éponge essorée, ni plus, ni moins.
Mettre de trop gros morceaux de branches sans les broyer. Ça prend des années à se décomposer et ça bloque tout le reste.
C’est vraiment ça, les quatre pièges dans lesquels tombent 90 % des débutants.
