Vous êtes sur le point de vendre sa maison et quelqu’un vous a parlé du « dossier de diagnostics » sans vraiment vous expliquer ce que c’est. Normal. C’est le genre de sujet que tout le monde effleure et que personne ne détaille vraiment. Bref, on va y remédier.
Les diagnostics immobiliers obligatoires, c’est un ensemble de documents techniques que le vendeur doit remettre à l’acheteur avant la vente. Pas après. Pas « si on a le temps ». Avant. Ces documents sont regroupés dans ce qu’on appelle le DDT, le Dossier de Diagnostic Technique, et il doit être annexé à la promesse de vente, ou à défaut directement à l’acte authentique chez le notaire.
Ce qui varie beaucoup, c’est la liste exacte des diagnostics selon votre bien. Maison individuelle ou appartement, âge de la construction, zone géographique, ancienneté des installations : autant de critères qui font que deux voisins peuvent avoir des DDT très différents.
Table des matières
- Ce que contient le DDT : jusqu’à 12 documents
- Les diagnostics liés à l’âge du bien
- Les diagnostics liés aux installations
- Le DPE et l’audit énergétique : les plus regardés en ce moment
- Les diagnostics géographiques
- Ce qui s’ajoute pour les appartements en copropriété
- Le tableau récapitulatif des durées de validité
- Quelques points pratiques souvent oubliés
Ce que contient le DDT : jusqu’à 12 documents
Oui, jusqu’à 12. Pas forcément tous requis dans votre cas, mais c’est le maximum prévu par la loi (article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation).
Le coût de ces diagnostics est, par défaut, à la charge du vendeur. Les parties peuvent décider autrement, mais dans les faits, c’est presque toujours le vendeur qui règle la facture. Comptez entre 300 et 700 euros en moyenne pour un pack complet, parfois plus pour une grande maison avec installation gaz, fosse septique, et tout le reste.
Et attention : si un diagnostic manque au moment de la signature de l’acte authentique, le vendeur ne peut pas s’exonérer de la garantie des vices cachés sur le point concerné. Concrètement, l’acheteur peut se retourner contre vous. Ce n’est pas une menace théorique.
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Les diagnostics liés à l’âge du bien
Le plomb (CREP)
Concerne uniquement les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1949. Si c’est votre cas, le diagnostic plomb (ou CREP, Constat de Risque d’Exposition au Plomb) est obligatoire.
Durée de validité : un an si le diagnostic est positif (du plomb détecté), illimitée s’il est négatif. Donc si vous avez un CREP négatif de 2018 sur une maison construite en 1935, il est toujours valable aujourd’hui.
L’amiante
Là, le seuil c’est 1997. Tout logement dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997 doit faire l’objet d’un état amiante. Si aucune trace n’est détectée, le diagnostic est valable indéfiniment, sauf s’il a été réalisé avant le 1er avril 2013 : dans ce cas, il faut le refaire même si le résultat était négatif.
Petit bémol que beaucoup ignorent : l’amiante ne concerne pas que les toitures en fibrociment ou les faux plafonds. Dalles de sol, colles, calorifugeage des tuyaux… un diagnostiqueur expérimenté cherche dans des endroits auxquels on ne pense pas.

Les diagnostics liés aux installations
Électricité et gaz
Ces deux diagnostics s’appliquent dès que l’installation concernée a plus de 15 ans. Pas besoin que le logement soit ancien, juste que les installations le soient.
La durée de validité est de 3 ans pour chacun. Ce qui veut dire que si vous avez fait faire votre diagnostic gaz en 2021 et que vous signez la promesse de vente en 2025, il faut le refaire.
Assainissement non collectif
Uniquement pour les logements non raccordés au tout-à-l’égout. Si vous avez une fosse septique ou toute installation autonome, ce diagnostic est obligatoire. Validité : 3 ans. Et si l’installation est non conforme au moment de la vente, l’acheteur a l’obligation de la mettre aux normes dans l’année qui suit.
Mais sachez aussi que dans certaines communes, même les logements raccordés au réseau collectif peuvent être soumis à un contrôle de conformité du raccordement. Ça dépend des arrêtés municipaux.
Le DPE et l’audit énergétique : les plus regardés en ce moment
Le DPE
Le Diagnostic de Performance Énergétique, c’est celui dont tout le monde parle. Et pour cause : depuis le 1er juillet 2021, il a une valeur contractuelle. Si le classement affiché (de A à G) est erroné, l’acheteur peut saisir le tribunal pour obtenir des dommages-intérêts.
La durée de validité est de 10 ans, mais attention aux anciens DPE : ceux réalisés entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 ne sont plus valides depuis fin 2022, et ceux réalisés entre 2018 et juin 2021 ont expiré fin 2024. En clair, si votre DPE date d’avant juillet 2021, il est probablement à refaire.
Pour les maisons de moins de 50 m² de surface de plancher, le DPE n’est pas obligatoire (uniquement pour les maisons, pas pour les appartements).
L’audit énergétique
C’est une nouveauté (relative) issue de la loi Climat et Résilience. Il s’applique aux maisons individuelles et aux immeubles appartenant à un seul propriétaire, classés F ou G depuis le 1er avril 2023, et E depuis le 1er janvier 2025. La classe D sera concernée à partir de 2034.
L’audit va plus loin que le DPE : il détaille les travaux à réaliser et les gains énergétiques attendus. C’est un document dense, souvent entre 15 et 30 pages, et son coût tourne autour de 500 à 1 500 euros selon la taille du bien.
| Classe DPE | Audit énergétique obligatoire depuis |
|---|---|
| F ou G | 1er avril 2023 |
| E | 1er janvier 2025 |
| D | 1er janvier 2034 |
Les diagnostics géographiques
Ces diagnostics dépendent de l’emplacement de votre bien, pas de ses caractéristiques propres.
État des risques (ERP)
Valable 6 mois. Concerne tous les biens situés dans une zone couverte par un plan de prévention des risques (naturels, miniers, technologiques), une zone de sismicité ou à potentiel radon. Si l’ERP joint à la promesse expire avant la signature de l’acte, il faut en refaire un.
Sanction notable ici : l’absence d’ERP valable peut permettre à l’acheteur de demander la résolution de la vente ou une réduction du prix. C’est une des rares sanctions qui peut faire capoter la transaction.
Termites
Obligatoire uniquement si le bien est situé dans une zone délimitée par arrêté préfectoral. Validité : 6 mois seulement. Ce délai très court pose régulièrement des problèmes quand la vente s’étire, notamment lors du passage du compromis de vente à l’acte définitif.
Diagnostic bruit
Concerne les biens proches d’un aéroport, dans les zones définies par un plan d’exposition au bruit. Son absence permet à l’acheteur de demander la résolution du contrat ou une réduction de prix, même si le document n’a qu’une valeur informative.
Mérule
La mérule est un champignon lignivore, discret et redoutable. L’information sur le risque de mérule doit figurer dans la promesse ou l’acte si le bien est dans une zone identifiée par arrêté préfectoral. Pas de durée de validité fixée. Et, particularité un peu étrange, aucune sanction spécifique n’est prévue en cas d’absence.
Ce qui s’ajoute pour les appartements en copropriété
Si vous vendez un appartement, le DDT comprend les mêmes diagnostics (sauf l’assainissement non collectif, quasi jamais concerné) mais vous avez deux éléments supplémentaires à prévoir.
Le mesurage loi Carrez : ce n’est pas à proprement parler dans la liste des 12 documents du DDT, mais il est systématiquement joint en pratique. Il certifie la surface privative du lot. Durée de validité permanente, sauf travaux modifiant la surface. Si la surface réelle est inférieure de plus de 5% à celle indiquée dans l’acte, l’acheteur dispose d’un an pour demander une réduction de prix au prorata.
Le Diagnostic Technique Global (DTG) : s’il existe pour votre copropriété, il doit être fourni lors de la vente. Ce document évalue l’état général de l’immeuble et préconise des travaux.
Le tableau récapitulatif des durées de validité
| Diagnostic | Condition | Durée de validité |
|---|---|---|
| DPE | Toujours (maison ≥ 50 m²) | 10 ans |
| Audit énergétique | Classe E, F ou G (maison) | À la réalisation |
| CREP (plomb) | Avant 1949 | 1 an si positif / illimitée si négatif |
| Amiante | Permis avant juillet 1997 | Illimitée si négatif |
| Électricité | Installation > 15 ans | 3 ans |
| Gaz | Installation > 15 ans | 3 ans |
| Assainissement non collectif | Fosse septique ou similaire | 3 ans |
| État des risques (ERP) | Zone à risque | 6 mois |
| Termites | Zone infestée | 6 mois |
| Diagnostic bruit | Zone aéroport | Non précisée |
| Mérule | Zone identifiée | Non précisée |
Quelques points pratiques souvent oubliés
Tous les diagnostiqueurs ne se valent pas. La loi exige qu’ils soient certifiés, et vous pouvez vérifier les certifications en ligne via l’outil officiel du gouvernement. Franchement, c’est rare que les vendeurs le fassent, mais ça peut éviter des situations compliquées si un diagnostic est contesté par l’acheteur.
Pensez aussi à vérifier les dates de validité de vos diagnostics existants avant de mettre le bien en vente. J’ai vu des situations où la promesse était signée avec un diagnostic en règle, et où l’acte définitif était repoussé de quelques mois pour des raisons de financement : le diagnostic (termites ou ERP, les plus courts) avait expiré entre temps, et il fallait tout refaire en urgence. Ça se gère, mais c’est du stress inutile.
Le carnet d’information du logement (CIL) est lui aussi à mentionner : il concerne les biens ayant fait l’objet d’un permis de construire ou d’une déclaration de travaux depuis le 1er janvier 2023. Un document encore peu connu mais déjà obligatoire.
Et depuis avril 2024, une nouvelle obligation s’est ajoutée : informer sur les éventuels arrêtés pris au titre de la police de la sécurité et de la salubrité. Si votre immeuble a fait l’objet d’un arrêté de péril ou d’insalubrité, l’acheteur doit en être informé dans l’acte.
