Comment construire un poulailler dans son jardin

Sophie

Comment construire un poulailler dans son jardin

Se lancer dans la construction d’un poulailler, c’est souvent le projet qui commence par « ce serait sympa d’avoir des poules » et qui finit, trois week-ends plus tard, avec une vraie petite cabane dans le jardin. J’en suis passée par là. Et franchement, c’est tout à fait faisable sans être menuisier professionnel, à condition de bien préparer le terrain, au sens propre comme au figuré.

Avant de sortir la perceuse, il y a quelques points à régler : l’emplacement, les dimensions, les matériaux, et les éventuelles démarches administratives. Rien de bien compliqué, mais tout ça mérite qu’on en parle sérieusement.

La réglementation, parce que oui, ça existe

Construire un poulailler ne s’improvise pas totalement. La bonne nouvelle, c’est que pour un petit abri de jardin (et la plupart des poulaillers domestiques entrent dans cette catégorie), les contraintes sont légères.

Voici ce qu’il faut retenir selon la surface au sol et la hauteur du bâtiment :

Surface au solHauteur ≤ 1,80 mHauteur > 1,80 m
≤ 5 m²Aucune autorisationDéclaration préalable
Entre 5 et 20 m²Déclaration préalableDéclaration préalable + permis selon zone
≥ 20 m²Permis de construirePermis de construire

Un poulailler pour 4 à 6 poules tourne autour de 1,5 m x 1,5 m, soit à peine 2,25 m². Vous êtes largement en dessous des seuils. Pas de paperasse, pas de mairie à appeler. Si vous voulez en savoir plus sur les règles qui s’appliquent à ce type de construction, j’ai écrit un article complet sur la déclaration pour un abri de jardin qui clarifie tout ça.

La vidéo ci-dessous en lien avec cet article pourrait vous intéresser :

Aperçu de la vidéo

Choisir le bon emplacement

Ça semble évident. Ça ne l’est pas.

Les poules sont sensibles aux courants d’air, à l’humidité et aux variations de température. Un emplacement à l’ombre partielle, exposé sud ou sud-est, à l’abri du vent dominant : voilà l’idéal. Le sol doit être bien drainé, parce qu’une mare de boue sous le poulailler, c’est un nid à maladies.

Pensez aussi à votre propre confort, et pas seulement à celui des poules. Vous irez là-bas chaque matin, hiver compris, sous la pluie ou le gel. Pas trop loin de la maison, donc. Pas trop près de la terrasse non plus, à cause des odeurs et du bruit (le coq, si vous en avez un, peut vite devenir le sujet de friction avec les voisins).

Et si votre jardin a besoin d’un peu de réflexion sur l’organisation générale avant d’y poser un poulailler, l’article sur comment aménager son jardin peut vous aider à voir les choses en grand.

Comment construire un poulailler dans son jardin

Le bois : le matériau qui s’impose

On peut construire un poulailler en béton, en parpaing, en métal. Mais soyons honnêtes : pour un usage domestique, le bois gagne à presque tous les niveaux.

CritèreBoisBéton / Parpaing
Isolation thermiqueExcellentMédiocre
Facilité de travailTrès facileContraignant
CoûtFaible à moyenÉlevé
ÉcologieBonMoyen
Protection contre les prédateursCorrectExcellent
Durabilité (sans entretien)MoyenneTrès bonne

Le bois Douglas, notamment, est une excellente option. Il durcit en vieillissant, résiste naturellement aux champignons et aux insectes xylophages, et ne nécessite pas de traitement autoclave. Pour les pièces exposées aux intempéries, une huile de lin mélangée à de l’essence de térébenthine fait des merveilles une fois par an, deux passages de pinceau et votre poulailler tient dix ans facilement.

Si vous voulez faire des économies, les palettes récupérées fonctionnent très bien. C’est même tendance, et franchement pas si compliqué à assembler. Des sites de récupération de matériaux ou des groupes Facebook locaux en regorgent.

Les dimensions à prévoir

Pour 4 à 6 poules, un poulailler de 145 cm x 150 cm suffit amplement. Sur pilotis, c’est encore mieux : les poules sont protégées de l’humidité du sol, et l’espace sous la structure peut servir d’abri supplémentaire ou de zone à gratter.

Pour la partie habitation :

  • 1 pondoir pour 2 à 3 poules (soit 2 pondoirs pour 4 à 6 poules), de 40 x 30 x 30 cm, placés dans un coin sombre. Les poules adorent le calme pour pondre.
  • 1 perchoir par tranche de 3 à 5 poules (comptez 1 mètre linéaire pour 3 pondeuses), fixé à 40-50 cm du sol.
  • Des trous d’aération, grillagés, munies de trappes pour fermer par mauvais temps.

Et pour la partie enclos : le parcours herbeux doit être clôturé, avec un grillage enterré d’au moins 50 cm. Les renards creusent. Les fouines aussi. Ne sous-estimez pas leur détermination.

Le matériel avant de commencer

Voilà ce qu’il vous faut, pour un poulailler sur pilotis de taille standard.

Matériaux :

  • 4 supports métalliques pour poteau 9 x 9 cm
  • 2 poteaux 9 x 9 x 180 cm + 2 poteaux 9 x 9 x 150 cm
  • 15 tasseaux 60 x 40 x 300 mm
  • 10,5 m² de panneaux OSB extérieur
  • 5,5 m² de bardage extérieur
  • 2,5 m² de bardeau bitumé en rouleau
  • Visserie inox (Ø8 mm, longueurs 80 mm et 150 mm)
  • Charnières, verrous, poignées
  • Bâche plastique (protection temporaire pendant les travaux)

Outils :

  • Perceuse / visseuse
  • Scie à bois, scie sauteuse ou scie à onglets
  • Cordeau et bombe de marquage
  • Mètre, masse, marteau

Les étapes de construction

Poser les fondations (les pilotis)

Commencez par matérialiser au sol un rectangle de 150 x 145 cm avec le cordeau et la bombe de marquage. Enfoncez les 4 supports métalliques aux coins. Découpez les poteaux : 2 à 180 cm (à l’arrière) et 2 à 150 cm (à l’avant), ce qui crée naturellement la pente du toit.

Coupez le sommet des poteaux en biseau pour recevoir les pannes. Si vous n’avez pas de rapporteur d’angle, positionnez simplement un chevron à l’angle voulu et tracez la coupe au crayon. Pour plus de stabilité, coulez un peu de béton dans les supports.

Monter la structure

Reliez les 4 piliers à 75 cm du sol avec des tasseaux (2 à 145 cm, 2 à 150 cm), vissés solidement. Fixez ensuite 4 tasseaux supplémentaires en lambourdes pour le plancher, puis recouvrez d’OSB vissé en inox.

Montez les montants verticaux et horizontaux pour les encadrements de portes et fenêtres. Adaptez les dimensions selon vos besoins.

Le toit

Reliez les extrémités des grands poteaux (180 cm) avec un gros tasseau pour la panne faîtière. Faites de même avec les poteaux de 150 cm pour la panne sablière. Tendez ensuite 5 chevrons entre les deux pannes. Ce sont eux qui portent le toit.

Tant que le bardeau n’est pas posé, couvrez d’une bâche. La météo ne fait pas de cadeaux.

L’aménagement intérieur (à faire avant de fermer le toit)

C’est le moment de penser à vos futures locataires. Posez un placage OSB sur les parois intérieures, avec un pare-vapeur en bâche plastique agrafé côté extérieur. Fabriquez deux pondoirs de 40 x 30 x 30 cm, placés vers la trappe latérale pour que vous puissiez récupérer les œufs sans entrer dans le poulailler. Garnissez-les de paille. Et fixez le perchoir, à 40 cm du sol minimum, dans la partie sombre du fond.

Petit détail qui change la vie : peindre le plancher avec une peinture spéciale sol avant d’installer les poules. Le nettoyage devient dix fois plus simple.

Finir le toit, poser les portes, barder l’extérieur

Fixez les planches d’OSB sur la charpente du toit, puis déroulez le bardeau bitumé sur l’ensemble, fixé avec des vis inox et des rondelles. L’étanchéité dépend de ce soin-là.

Pour les portes, découpez des planches aux dimensions prévues en laissant 5 mm de jeu, fixez avec des charnières et posez un verrou. Idem pour les trappes d’accès aux pondoirs.

Bardez l’extérieur en vous appuyant sur les montants. Une couche d’huile de lin une fois tout sec, et c’est terminé.

Et après, on accueille les poules

Les poules sont des animaux sociaux. Deux au strict minimum. Trois ou quatre, c’est encore mieux.

Mais pensez aussi à l’enclos. Un parcours herbeux bien délimité, avec un grillage enterré à 50 cm, une mangeoire, un abreuvoir à eau changée chaque jour, un bac à sable pour qu’elles fassent leur toilette (oui, les poules se baignent dans le sable, c’est leur façon de se nettoyer), et vous aurez un élevage qui tourne sans trop d’efforts.

Le quotidien d’un poulailler, c’est 10 minutes par jour : vérifier, nourrir, remettre de l’eau, ramasser les œufs. Et une fois par semaine, enlever les fientes et renouveler la litière. Rien de très contraignant, franchement.

Mais ne négligez pas l’entretien du bois. Une application d’huile de lin par an, au printemps de préférence, et votre poulailler durera des années sans broncher.

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