On se pose toutes cette question à un moment ou un autre, souvent en plein hiver, les mains sur le thermostat, à se demander si on chauffe trop, pas assez, ou juste ce qu’il faut. Et franchement, la réponse varie vraiment selon l’endroit dans la maison. Pas question d’uniformiser à 20 °C partout comme beaucoup le font par habitude : c’est à la fois moins confortable et plus coûteux qu’on ne le croit.
Bonne nouvelle : il existe des chiffres précis, validés par l’ADEME, l’INSV, et même le Code de la construction. Mauvaise nouvelle : personne ne les applique vraiment. Voilà ce que je vais essayer de changer ici, avec les données concrètes et quelques ajustements que j’ai testés moi-même.
Table des matières
- Le salon, la salle à manger, le bureau : 19 °C, pas plus
- La chambre adulte : 16 à 18 °C pour dormir correctement
- La chambre de bébé : entre 18 et 20 °C
- La salle de bain : 17 °C ou 22 °C selon le moment
- Les pièces de passage : on n’y pense pas, et c’est une erreur
- Le tableau récapitulatif
- Ce que dit la loi : minimum 18 °C, maximum 19 °C en moyenne
- Logement vide : ne coupez pas tout
- Été : pensez à l’écart avec l’extérieur
- Quelques outils vraiment utiles
- La question de l’isolation : le vrai levier
Le salon, la salle à manger, le bureau : 19 °C, pas plus
C’est la référence légale. Le Code de la construction est clair là-dessus : dans les pièces à vivre, la température moyenne d’un logement est réglementairement plafonnée à 19 °C.
Et ça suffit. Vraiment. Quand on bouge, qu’on cuisine ou qu’on travaille, 19 °C se ressent comme 21 °C. La sensation de froid vient souvent de l’humidité, de l’isolation, ou des courants d’air sous les portes, pas du thermostat qui manquerait d’ambition.
Le truc c’est que chaque degré supplémentaire coûte environ 7 % d’énergie en plus (chiffre ADEME). Sur une facture annuelle de 1 500 €, passer de 19 à 21 °C représente facilement 200 € de plus. Pour rien. Ou presque. Si vous cherchez à réduire la facture d’électricité, commencer par là, c’est logique et indolore.
Côté cuisine, inutile de chauffer fort : les plaques, le four et le simple fait de s’agiter font grimper la température d’une à deux degrés tout seuls.
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La chambre adulte : 16 à 18 °C pour dormir correctement
Seize degrés. Ça choque toujours.
Et pourtant, c’est la recommandation de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV), reprise par l’ADEME. Le corps a besoin de voir sa température centrale descendre pour déclencher un vrai sommeil réparateur, et une chambre trop chaude perturbe ce mécanisme. Résultat : on s’endort moins vite, on se réveille à 3h du matin en sueur, et le lendemain matin c’est raté.
Avec une bonne couette (indice 400 g/m² minimum en hiver), 16-17 °C est franchement confortable. J’ai mis du temps à l’accepter, mais depuis que j’ai baissé le radiateur de ma chambre à fond, je dors nettement mieux. Bref, essayez avant de juger.
Pour les adeptes de la lecture au lit, une bouillotte fonctionne à merveille. Pas besoin de chauffer toute la pièce pour avoir chaud dans les pieds.

La chambre de bébé : entre 18 et 20 °C
Exception notable, et pas anodine. Les nourrissons ne régulent pas encore leur température corporelle de façon autonome, ce mécanisme s’installe progressivement sur les premiers mois. Les autorités sanitaires recommandent donc de maintenir la chambre de bébé entre 18 et 20 °C, nuit comme jour.
Un thermomètre d’intérieur posé dans la pièce (pas sur le radiateur, pas à côté de la fenêtre, mais au centre à hauteur de berceau) est vraiment utile ici. Pas question de faire au ressenti. Même règle pour les jeunes enfants qui ont tendance à se découvrir en dormant : un peu plus chaud qu’une chambre adulte, mais pas étouffant.
La salle de bain : 17 °C ou 22 °C selon le moment
C’est la pièce qui demande le plus de finesse.
Inutile de chauffer à fond toute la journée une pièce où on passe dix minutes matin et soir. Quand personne n’y est, 17 °C suffit largement à éviter l’humidité et les moisissures. Mais à la sortie d’une douche, 19 °C c’est beaucoup trop froid, surtout avec l’humidité ambiante qui amplifie la sensation.
L’idéal : un sèche-serviette programmable. On règle la montée en chauffe juste avant la douche du matin (ou du soir), la pièce grimpe à 22 °C, et on l’éteint ensuite. Consommation réduite, confort maximal au bon moment.
Les pièces de passage : on n’y pense pas, et c’est une erreur
Couloir, entrée, WC. Ces espaces ne méritent pas d’être chauffés à la même température que le salon. Entre 16 et 17 °C, c’est bien. On y passe en mouvement, jamais statique, jamais assis à se refroidir.
Et puis garder ces pièces légèrement plus fraîches crée en fait une logique thermique dans le logement : l’air chaud reste là où on en a besoin.
Le tableau récapitulatif
| Pièce | Température conseillée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Salon / salle à manger / bureau | 19 °C | Norme légale + confort actif |
| Chambre adulte | 16 à 18 °C | Meilleure qualité de sommeil |
| Chambre de bébé | 18 à 20 °C | Régulation thermique immature |
| Salle de bain (hors usage) | 17 °C | Éviter l’humidité, limiter la conso |
| Salle de bain (douche/bain) | 22 °C | Confort à la sortie de l’eau |
| Couloir / entrée / WC | 16 à 17 °C | Espaces de passage, peu de temps statique |
| Logement inoccupé (> 1 semaine) | 12 à 14 °C | Protection des canalisations et des murs |
Ce que dit la loi : minimum 18 °C, maximum 19 °C en moyenne
Un point légal qui concerne surtout les locataires. Pour les logements construits après le 1er juin 2001, le propriétaire est tenu de garantir un minimum de 18 °C au centre de chaque pièce (mesuré à 1,5 mètre du sol). En dessous, le locataire peut légalement mettre en demeure le propriétaire d’intervenir.
La température maximale réglementaire, elle, correspond à une moyenne pondérée de 19 °C sur l’ensemble du logement. Concrètement, ça signifie qu’un chauffage bridé à 19 °C n’est pas considéré comme défaillant. Frustrant si on est frileux, mais c’est comme ça.
Mais attention à ne pas confondre : les 19 °C sont une moyenne pondérée par volume, pas une température uniforme pièce par pièce. Une pièce à 21 °C et une autre à 17 °C peuvent parfaitement correspondre à une moyenne dans les clous.
Logement vide : ne coupez pas tout
Partir en vacances deux semaines et couper le chauffage complètement ? Mauvaise idée. En dessous de 12 °C, les canalisations risquent le gel, et l’humidité s’installe dans les murs bien plus vite qu’on ne le croit.
Pour une absence de plus d’une semaine, maintenez entre 12 et 14 °C. Pour un week-end, 16 °C suffit. Certains thermostats connectés ont un mode « vacances » qui gère ça automatiquement depuis le smartphone, pratique.
Été : pensez à l’écart avec l’extérieur
En période de canicule, les experts recommandent de ne pas creuser plus de 8 °C d’écart entre l’intérieur et l’extérieur. Si dehors il fait 36 °C, ne descendez pas en dessous de 28 °C à la climatisation. Les chocs thermiques répétés (on sort, on rentre, on ressort) fatiguent l’organisme et fragilisent surtout les personnes âgées ou fragiles.
Et pour éviter la fournaise sans clim : volets fermés en journée, ventilation la nuit quand l’air extérieur redescend. Simple, gratuit, efficace.
Quelques outils vraiment utiles
Robinets thermostatiques sur les radiateurs. C’est la base, ça coûte entre 15 et 40 € par radiateur, et ça permet de régler chaque pièce indépendamment. On arrête de chauffer la chambre comme le salon.
Thermostat connecté. Pour ceux qui ont un chauffage central, c’est l’investissement le plus rentable. On programme, on pilote à distance, et on ne rentre plus dans une maison froide ou une maison qui a chauffé à vide toute la journée.
Et pour vraiment mesurer (pas juste estimer), un thermomètre-hygromètre d’intérieur, le modèle qui mesure aussi le taux d’humidité, c’est idéal. Parce que l’humidité change tout : à 65 % d’humidité, 19 °C se ressent comme 16 °C. Beaucoup de logements pas si bien isolés cumulent les deux problèmes sans que les occupants le sachent.
Prendre soin de son confort à la maison, c’est aussi savoir quand régler et quand isoler plutôt que de monter le chauffage.
La question de l’isolation : le vrai levier
Parce qu’on peut connaître par cœur les bonnes températures pièce par pièce, si les fenêtres sont à simple vitrage ou si les joints de porte soufflent, on chauffera dans le vide.
Aérer 10 minutes par jour, fenêtres grandes ouvertes (pas en permanence, juste 10 minutes matin et soir), renouvelle l’air sans trop refroidir les murs. Fermer les portes des pièces peu utilisées limite les échanges d’air froid. Et coller un joint de brosse au bas des portes qui soufflent, c’est trois euros et ça change la vie.
Les travaux d’isolation restent l’investissement le plus rentable sur le long terme. Mais en attendant, ces petits ajustements font déjà une vraie différence sur la facture.
